« Rénovation plomberie » ne veut pas dire « tout refaire ». Dans la majorité des maisons anciennes, une partie de l'installation est saine : la refaire entièrement, c'est jeter de l'argent. Ne rien faire, c'est payer plus tard. La vraie question, c'est : quoi garder, quoi remplacer, et dans quel ordre.
Ce qu'on garde souvent
Une arrivée d'eau en cuivre ou en PER en bon état · des évacuations qui évacuent correctement (un test suffit à le savoir) · un ballon récent, même si l'on refait la pièce autour · la structure et l'étanchéité du sol quand elles sont saines.
Ce qu'on remplace presque toujours
Les flexibles (par principe, dès qu'on ouvre) · les joints sur tout ce qu'on remonte · le groupe de sécurité · et la robinetterie quand les cartouches sont fatiguées, parce que ça ne se rattrape pas.
Ce qu'on trouve en ouvrant un mur ancien
Des tuyaux en plomb ou en fer galvanisé corrodés de l'intérieur · des raccords mixtes entre deux matériaux (cuivre sur fer), qui sont le point de corrosion préféré de l'eau · une évacuation raccordée « au plus court », avec une pente insuffisante · et parfois aucun robinet d'arrêt sur le circuit concerné.
C'est le mélange de matériaux qui provoque les fuites « inexpliquées » à répétition. C'est pour ça qu'on préfère reprendre un tronçon complet plutôt que boucher un trou de plus.
L'ordre des travaux
1. Les réseaux (eau et évacuations) — avant les sols et les murs. 2. Les équipements (chauffe-eau, sanitaires). 3. Les finitions (carrelage, faïence). Faire l'inverse oblige à rouvrir ce qu'on venait de terminer.
La remise aux normes : les trois points vérifiés
Le clapet anti-retour (protection contre le retour d'eau), la ventilation des évacuations (qui évite odeurs et glouglous), et l'accessibilité des robinets d'arrêt. Ce sont des travaux peu visibles — et c'est ce qui décide si l'installation sera confortable pendant vingt ans.